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Apprendre et savoir

RÉFLEXIONS SUR LA PRATIQUE DE L’ÉQUITATION

La grande majorité des cavaliers pense pratiquer l’équitation du fait d’avoir le derrière sur un cheval et finissent par se maintenir dessus sans pour différentes raisons apprendre avec un maître comme on apprend à lire et écrire.
Ces cavaliers prétendent, à partir du moment où ils galopent sans tomber pratiquer l’équitation alors qu’ils ne font que du transport.
Celui-là seul à qui les leçons d’un maître véritable ont enseigné une bonne position et le juste emploi des aides pourra s’il joint à son acquis le tact et l’application, entreprendre avec des chances de succès le dressage de tous les chevaux dans les limites de leurs moyens.

Francois-Robichon-de-La-Gueriniere-Ecole-de-CavalerieLes cavaliers innés ou qui se flattent de l’être ont existé de tous temps et ceux qui débitent aujourd’hui tant d’absurdités contre la nécessité de l’enseignement équestre ne font que copier leurs devanciers, c’est une tradition de vanité qui se perpétue avec les siècles.

Le duc de Newcastle, qui vivait sous le règne de Charles II roi d’Angleterre, et qui fut l’écuyer le plus remarquable du dix-septième, tançait vertement les présomptueux cavaliers d’instinct.

Si le vieux duc, au lieu de s’adresser aux gentilshommes de son époque, sortait tout à coups de son tombeau de Westminster pour haranguer de sa voix magistrale les sportsmen du bois de Boulogne, n’aurait-il pas encore mille fois raison de dire : « la raison pourquoi ces sortes de gens blâme et décrient l’usage du manège, est qu’ils sont fort ignorants, et qu’ils voudrais passer pour habiles gens en parlant de choses qui sont infiniment au-dessus de leur connaissance. Ce sont des décideurs qui croyant l’emporter en parlant beaucoup et quoi que mal à propos voudrais passer pour savant ; mais la véritable raison est aussi , parce que ils ne savent pas comme il faut travailler, et, ne le pouvant faire, il n’osent pas monter un cheval, et voudraient néanmoins passer pour le plus adroites personne du monde en toute chose, sans avoir pris la moindre peine de les apprendre, et voyant d’ailleurs qu’ils ne peuvent pas savoir comme il faut mener un cheval ni le travailler dans les règles ; ne sachant pas, il disent que le manège ne sert à rien, qu’il n’est d’aucun usage, ni d’aucune utilité, mais tout ce qu’ils ne peuvent pas faire était inutile et mauvais, il y aurait sans doute peu de bonnes choses dans le monde. De plus, ils croient qu’il est honteux à leur sens d’être bon cavalier, quoi que plusieurs rois et princes se glorifient de l’être..

Ce qui suit n’est-il pas la description la plus pittoresque de la très-grande majorité des cavaliers qui sillonnent les Champs-Elysées en l’an de grâce 1860 ?

Mais voyons maintenant qu’elle est la position de ces sortes de gens à cheval, et ce que font leurs chevaux sous eux. Du cavalier dont toute la science est en paroles, se met, le plus qu’il peut, sur le derrière de sa selle, comme s’il était assis sur un chaise percée, ses jambes vers les épaule du cheval, comme des fourreaux de pistolets, et la pointe du pied si fort en dehors qu’il peut facilement donner de l’éperon dans l’épaule du cheval ; et, finalement, il se tient fort couché en selle : ce qu’ils appellent une et agréable assiette, ou posture à la négligence, ne sachant pas tenir la bride dans la main, ni donner aucun aide, et paraissent à cheval comme des personnes étourdies d fumets du vin, tant leur posture est ridicule et contrefaite et ayant envoyé quérir un sellier et un esperonnier, pour emboucher et seller leurs chevaux, ils croient que tout est le mieux du monde : et voilà ces braves cavaliers qui savent si bien haranguer, et si peu exécuter.

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