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La fabuleuse histoire de Régine… Et de l’ARAC !

En 1966, j’enseignais l’équitation en tant que moniteur au club hippique La Cravache  à l’ Avenue de la Cadenelle à Marseille.

Dans mes reprises, à cette époque, j’avais, parmi mes élèves entre autres deux ravissantes élèves l’une Régine 16 ans l’autre Mireille 17ans, elles excellaient en dressage et étaient très assidues et douées.

Elles étaient l’une et l’autre étudiante infirmières, progressaient régulièrement, mais nos chemins divergèrent au moins pour l’une d’elles : Régine qui partit au Togo en mission humanitaire, je n’ai plus eu de nouvelles.                         

regine 1Le mariage de Mireille mit un terme à nos relations équitantes et le temps passa pour chacun de nous.

Cependant, Mireille et moi-même avions conservé des liens épistolaires et échangions de temps à autre de nos nouvelles, j’avais pratiquement que des souvenirs confus de Régine jusqu’au jour où Mireille me raviva la mémoire en m’apprenant que Régine était entrée au Carmel de CHAMBERY elle avait 33 ans.

Régine fut cloîtrée pendant 10 ans et prononça ses veux définitifs 19 ans après être entrée en religion.

Ma cavalière s’était retirée du monde.

Puis les années passèrent, Mireille eut deux enfants, personnellement je continuais mon enseignement au gré des jours et des clubs hippiques.

 Dans leur jeunesse, mes deux cavalières habitaient avec leur mère dans la banlieue de Marignane.

Un jour, Suzanne me fit savoir que Régine était au domicile familial pour je ne sais quelle raison, j’obtins de cette dernière l’autorisation de la rencontrer.

C’est-elle qui vint m’ouvrir, elle était vêtue des vêtements religieux du Carmel, je la saluais traditionnellement avec le terme « ma sœur » elle me fit entrer sans un regard, et me fit assoir derrière une table ronde, y prit place elle-même la tête baissée, les mains sur ses genoux.

J’étais extrêmement gêné et ouvris la conversation sur des termes banaux durant lesquels elle ne m’accorda aucun regard.

La conversation fut centrée sur les raisons de sa venue à Marignane ainsi que de la durée de sa permission, aucun mot sur le passé ni sur le Carmel, la conversation fut froide et tout à fait impersonnelle, puis je pris congé après avoir obtenu son accord sur l’ouverture d’une communication postale.

Beaucoup plus tard, j’appris les raisons du statut un peu spécial, qui permettait à Régine de sortir du Carmel.

En fait, après être restée cloitrée pendant dix années Régine prononça ses vœux perpétuels que 19 ans après au lieu de une année. Pendant ces années elle fut acceptée par le Carmel compte tenu de différents critères, son caractère, les services rendus à la communauté, dont certains ne pouvaient dépendre que d’elle, par exemple le fait de conduire une voiture avec la facilité que lui donnait son expérience acquise dans sa vie civile.

Toutes ces facultés permirent à la mère supérieure d’autoriser Régine de se rendre de temps à autre chez sa maman à Marignane d’où l’opportunité pour moi d’avoir eu cette occasion de la rencontrer.

Le temps accordé par le Carmel à une novice pour la réflexion avant de prononcer des vœux perpétuels est de 18 ans, or Marthe était novice depuis 19 ans, elle prononça donc ses vœux avec l’autorisation papale.

J’avoue qu’à l’époque où j’étais leur moniteur d’équitation il m’arrivait dans les reprises de changer mon regard de technicien en regard un peu plus appuyé et lorsque j’appris son entrée dans les ordres ma surprise fut grande et me laissa pantois !!

Mais je n’étais pas arrivé au bout de mes surprises.

Ma vie personnelle et sentimentale était particulièrement décousue alors que ma vie professionnelle était en grande partie consacrée à des handicapés physiques que je mettais à cheval et avec qui je tentais d’améliorer leur état en collaboration avec le corps médical, la plupart de ces handicapés étaient en fauteuil roulant.

Le rôle du corps médical qui participait à mes reprises en tant qu’observateur, était de donner des réponses scientifiques à des résultats que j’obtenais avec un cheval et un cavalier en situation de handicap très souvent sévère.

Ce travail de recherche dura des années pendant lesquelles je fus chargé de mission en Angleterre par la fédération Française d’équitation, puis affecté à l’INSEPS (Institut National Supérieures Education Physique et Sport) c’est pendant cette année-là que je mis à cheval des cavaliers aveugles, je conte ce fait parce que par la suite il devint une anecdote en liaison étroite avec le Carmel de Chambéry et la sœur Régine.

Je mis donc des cavaliers aveugles à cheval, cette démarche fut d’une extrême importance pour ma carrière, puisqu’à cette époque j’étais professionnel de l’enseignement de l’équitation, et le fait d’enseigner à des cavaliers aveugles changèrent complètement ma pédagogie parce que ces cavaliers particulièrement doués me firent découvrir les stimuli tactiles ainsi que leurs mises en pratique pour l’exécution de théorie équestre.

logo aracL‘association Rouchy des Aveugles à Cheval (ARAC) a été créé en Aout 2002, sur l’initiative de trois cavaliers membres de l’Ecole d’Equitation des Collets Rouges à Vitrolles (13127).

Ces trois cavaliers  m’ayant eu comme instructeur en reprise de dressage, ont voulu répondre à un souhait de valoriser les compétences acquises de longue date par ce moi-même moniteur à cette époque et en matière d’enseignement d’équitation à des non-voyants.

Aussi l’association a -t’elle pour but :
De permettre à des non-voyants et des déficients visuels de la région PACA de découvrir l’équitation ludique et sportive.

De créer à terme, une école de formation équestre destinée à des non-voyants.

Dans le cadre de cette association, j’ai formé un certain nombre de ces cavaliers

 Cinq de d’entre eux passèrent le deuxième degré, dans ce temps-là ces examens étaient beaucoup plus difficiles qu’actuellement et permettaient à leur détenteur de travailler les chevaux en dressage, ainsi que d’accompagner des promenades sur le plan sécurité

Quelques années plus tard, d’autres cavaliers souffrant du même handicap, passèrent les mêmes examens de base et furent formés aux métiers du cheval avec la spécialité de palefreniers-soigneurs et passèrent une série d’épreuves de cette spécialité à Carpentras avec d’autres apprentis dits normaux, mes cavaliers aveugles furent tous reçus à cet examen.

 Ce fut une première en France

Il fut décidé de leur faire exécuter un stage au Cadre Noir de Saumur en binôme avec les palefreniers du Cadre.

À Saumur nous fûmes reçus par le Lieutenant -Colonel S. chef de cabinet de l’Écuyer en chef, celui-ci ému de devoir diriger et présenter ces cinq cavaliers non-voyants aux palefreniers du Cadre, ce lieutenant- Colonel rompit la glace de la façon suivante en disant : Jésus avait devant lui un aveugle, il cracha par terre et fit de la boue avec sa salive. Puis il appliqua cette boue sur les yeux de l’aveugle et lui dit : «Va te laver au bassin de Siloé», nom qui signifie «envoyé». Il y alla donc, se lava et revint voyant clair.

AVEUGLE_SAUMURLe lieutenant-colonel S continua en disant : croyez-moi, je regrette infiniment aujourd’hui de ne pouvoir en faire autant.

Puis il les emmena et les présenta aux palefreniers du Cadre.

À un moment où le lieutenant-colonel était seul je m’approchais de lui en demandant s’il se servait toujours de parabole évangélique pour s’exprimer, il me répondit qu’il était catholique qu’il était membre d’un club pratiquant assidument l’étude de la Bible.

Je lui contais l’histoire de mon élève devenue religieuse, il fut très intéressé et me demanda si je pouvais lui donner son adresse, ce que je fis.

Pendant le stage, mes cavaliers firent des prouesses, et l’admiration de tous pendant leurs trois jours de présence.      

La liaison étroite entre le cadre Noir et le  Carmel de Chambéry dont j’ai parlé précédemment   ainsi que la  la Sœur Régine réside dans les événements suivants : le Lieutenent Colonel S ayant identifié sœur Régine en tant que qu’ancienne cavalière, puis comme religieuse se permis de lui écrire se présentant comme écuyer du Cadre Noir l’ayant mise au courant de notre rencontre, il lui demanda si des photos des chevaux du cadre lui ferais plaisir, sans doute la réponse fut-elle positive, puisqu’il lui narra la vie des écuyers au Cadre et lui demanda son intercession par la prière.

Ce que sœur Régine fit probablement avec la foi qui caractérise les religieuses en particulier et spécialement celle de Régine ancienne passionnée de chevaux et d’équitation.

Puis le Colonel décida à chaque fois que le Cadre Noir ce déplaçait pour présenter le carrousel en France ou à l’étranger de faire parvenir à sœur Régine un conte rendu du spectacle ainsi que la liste signée par chaque écuyer y ayant participé.

Régine affichait le courrier avant la récréation (une heure par jour au Carmel)  pour que toutes les sœurs en prennent connaissance, les 27 sœurs prient aussi pour tous les écuyers du Cadre, et  ce chaque jour.  

Puis le temps passa, en ce qui me concerne, partager entre mon enseignement et ma vie plus ou moins dissolue qui quelquefois influait sur mes attitudes, ou mes expressions verbales pas toujours académiques, qui un jour changèrent le cours de mon existence

EN 1976 (j’avais 49 ans) j’enseignais  au centre équestre des Collets rouges, dans un de mes cours ou assistaient plusieurs adolescentes, j’exprimais mes théories avec des termes pas toujours raffinés, je dois avouer qu’à  l’époque mon langage n’était pas  épuré comme ils auraient du l’être  surtout devant des oreilles chastes, donc ce jour-là  à la fin du cours une maman s’approcha de moi et me reprocha ma façon de m’exprimer vulgairement dit-elle, en rajoutant que cela lui déplaisait ainsi qu’au Seigneur, à quoi je répondis que si mes cours ne lui plaisaient pas, qu’elle devait les faires donnés directement  par le Seigneur lui-même,  puis suivirent mes excuses de l’avoir offensé en lui faisant comprendre que probablement ma façon de vivre n’était sans doute pas à l’image de la sienne, et divergeais dans tous les sens par apport à la sienne.

A ce sujet elle me suggéra de changer mon cheminement de vie  en me  disant que ma façon de m’exprimé n’était pas du tout à priori le reflet de ma personnalité, et me parla immédiatement religion, prêtre, prière, ce qui déclencha immédiatement de ma part une récrimination ainsi qu’une hilarité sans borne me voyant dans la peau d’un joyeux repenti entre deux parties de rigolade, puis ont en resta là.

Cette dame, la semaine suivante, revint à la charge, alors  je luis rétorquais que ma vie était à ma réflexion  telle que je la désirais, et la trouvais tout à fait à mon gout, que je ne voyais vraiment rien à changer, car elle me convenait parfaitement, enfin cette dame à chaque fois que nous nous rencontrions trouvait toujours des prétextes pour m’aborder et était très assidue dans ses actions diverses soit en me mettant des petits mots à caractère religieux dans ma voiture, soit en me faisant parvenir des évangiles mignatures d’un saint ou d’un autre, jusqu’au jour ou elle me proposa de la suivre dans une conférence dite ALPHA.

Je refusais catégoriquement prétextant que tous les sujets qui allaient être traités ne m’intéressaient nullement.

Puis à la nième invitation ne voyant aucune façon de me soustraire à cet acharnement j’acceptais pour lui faire plaisir puis pour mettre un terme à cette obstination.

Conter par le détail le déroulement de cette conférence ALPHA serait long et fastidieux, le sujet s’adressant à des personnes cherchant la spiritualité, ou à ceux qui cherchais à la retrouver, fort intéressante au demeurant, mais là encore prenant part aux discutions  avec d’autres interlocuteurs que celle habituelle je hurlais que tous les arguments proposés n’étaient pas faits pour moi, à quoi le conférencier me dit qu’ils étaient faits uniquement pour moi.

Madame B. mon interlocutrice habituelle me proposait de revenir une seconde fois, cette conférence ce déroulant avec des sujets différents une fois par mois pendant un an, pour vraiment échapper à l’emprise de Madame B. je finis par accepter.

A la longue ces conférences me firent réfléchir, entraînant des raisonnements sans intermédiaire, puis je sentis une longue transformation s’opérer en moi je devins assidus à ces conférences, puis me convertit définitivement ou plus exactement dans mon cas ayant été baptisé il s’agissait d’un retour aux sources inattendu du fait de  mon comportement corrompu de mes innombrables écarts,  mais oh combien acceptés…

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