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L’art de la main savante.

BAUCHER a écrit à ce sujet, je cite :

« Quelques cavaliers entendent par « main légère », celle qui impose très peu de force quel que soient la position et les résistances de On doit, avec justice, remplacer cette épithète de « légère » par celle de « SAVANTE » ; cela suffira, je pense, pour forcer à la réflexion quelques cavaliers. »

Dans toute la littérature équestre, à ma connaissance, il n’existe aucun exposé, ou détail de cette main savante hormis les qualificatifs tels que : main légère, douce, de velours, moelleuse, tendre, clémente etc

Mais pas grand-chose, sinon rien sur le plan définition, pourtant BAUCHER nous met sur le chemin avec sa réflexion suivante :
« Les cavaliers en général, s’occupent si peu des positions de leur corps que comporte tel ou tel mouvement, qu’elles sont souvent fausses. Il n’est pas étonnant que, pour se soustraire à la volonté du cavalier, le cheval cherche à faire des forces ».

main savanteOr, la première réflexion sur cette position, est de se rappeler que le corps d’un cavalier se décompose en trois parties : les jambes à partir des hanches, la ceinture pelvienne qui appartient au corps du cheval par la décontraction de la 4ème et 5ème lombaire, permet le rythme de la bascule lombaire qui donne la solidité de l’assiette, et qui permet aussi à la troisième partie : le dos du cavalier, la rupture de la transmission des secousses du dos du cheval par l’intermédiaire de la colonne vertébrale vers la main du cavalier, et de la bouche du cheval par l’intermédiaire des rênes.
Mais ce n’est pas suffisant, car nous devons également inclure dans notre raisonnement, que l’encolure transmet à la tête et à la bouche du cheval une poussée vers l’avant en fonction des rythmes de son allure.
Il faut impérativement que le cavalier débutant ait l’articulation de l’épaule suffisamment souple et élastique pour laisser les rênes tendues, suivre les oscillations de l’encolure puis, petit à petit, verrouiller l’articulation scapulo-humérale pour remplacer cette élasticité de l’épaule par celle des trois phalanges des majors, annulaires et auriculaires qui restent suffisamment attentif pour résister et céder en harmonie avec l’allure du cheval et en gardant les ongles en contact avec les paumes de la main, le pouce et la deuxième phalange de l’index restant verrouillé d’une façon constante.

Définition de la main savante

Les rênes étant tenues classiquement et pas comme en équitation courante et ludique, c’est à dire sans contact.
Les rênes doivent être tenues entre la première phalange du pouce et la deuxième phalange de l’index ces phalanges étant fortement serrées (en fonction du dressage du cheval) les trois autres doigts entourant les rênes de façon à ce que les ongles de ces trois doigts soient toujours en contact avec la paume de la main.

L’assiette étant certaine, la position du dos étant automatiquement et naturellement en place les bras le long du corps le cavalier doit remonter sur les rênes et les tendres jusqu’au contact des barres de la bouche du cheval.

Cette action étant ressenti d’une façon quasi instantanée le cheval cède dans sa nuque pour simplement ne plus ressentir dans ses barres que la sensation confortable des doigts du cavalier.

Cela va donc être un jeu incessant des cessions et résistances infimes des trois phalanges du major, de l’annulaire et de l’auriculaire des deux mains sans que les ongles de ces six doigts ne quittent la paume de la main, liées avec une élasticité discrète de l’articulation scapulo-humérale de façon à obtenir aux trois allures une flexion constante de la mâchoire inférieure et de la nuque du cheval.

Le point étant acquis, en poursuivant la gymnastique déjà entreprise en y ajoutant, comme exigence nouvelle, l’engagement des postérieurs sous la masse, on perfectionnera l’équilibre du cheval jusqu’à lui faire retrouver son équilibre naturel. Cela se marquera de façon très nette par l’allègement de l’appui sur la main ( qui devra toujours rester franc) et toujours sous des doigts qui cède de façon appropriée.

Cette liste des procédés très simples en eux-mêmes, n’ont évidemment de valeur, que la manière dont ils sont pratiqués.
Il est bien certain, cependant, que la compréhension de la mise sur la main, aura été sera rendue plus facile par la connaissance de la mécanique équestre, branche de l’hippologie, qui doit être parfaitement assimilé en équitation élémentaire ce qui n’est pratiquement pas, ou peu enseignée à notre époque.

Murmurer à la bouche de son cheval (avec les doigts)

Le cheval étant à l’arrêt raccourcir les rênes sans se servir de ses bras qui doivent être le long du corps, jusqu’à ressentir délicatement la bouche du cheval.
A ce stade, le cheval est déjà gêner par le simple poids des rênes et du contact de la main.
Ne rien faire, attendre qu’il cède soit par une flexion de mâchoire soit par une flexion de nuque pour ce soustraire à cette gêne, et fasse une légère flexion de nuque en ramenant essentiellement son bout de nez vers son poitrail ;
position du cavalierSi c’est le cas desserrer immédiatement les doigts en gardant les mains en place.
Dialogue cavalier : si tu cèdes, je cède
Si au lieu de cela, le cheval donne un violant coups de tête vers le haut :
Dialogue du cheval : main trop dur, rêne trop tendue, ne pas tirer, articulation d’épaule bloquer, geste trop brusque.
Généralement c’est le cavalier qui tire le premier, et le cheval répond à cette traction par une traction inversement proportionnelle, le premier chuchotement ou murmure des doigts du cavalier consiste à la souplesse et dextérité de résistance et cessions des phalanges des doigts.
(Explication de la main savante de Baucher)

S’il y a accord entre la souplesse des doigts et les cessions de nuque du cheval cela matérialise “la prise en main”.

Ne pas oublier cependant, que les flexions de mâchoires et de nuque sont le signe d’un cheval rassembler, pas du tout, un cheval ayant le chanfrein parfaitement vertical peut très bien avoir un dos creux avec des postérieurs loin derrière.
Cet exercice de flexions de mâchoire et de nuque peut parfaitement ce faire à pied ou monter cheval à l’arrêt, et il consiste à éduquer un cheval à ne pas résister à la main, à accepter la main (si celle-ci est savante).

Après cela, il ne restera plus qu’à engager les postérieurs…

Voir aussi

changement-de-pied-isole

Le Changement de pied isolé

Cet exercice peut être considéré comme un nouveau départ au galop sur le pied opposé …

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